Le rajustement progressif « au-delà de la date cible » ou « jusqu’à la date cible » : une décision cruciale sous-estimée
Cet article examine pourquoi les rajustements progressifs « au-delà de la date cible » sont plus susceptibles d’accumuler davantage de richesse et de fournir un revenu de retraite plus durable que les stratégies « jusqu’à la date cible » dans la majorité des conjonctures de marché.
Rédigé par Bruno Weinberg Crocco, gestionnaire de portefeuille, Jon Knowles, gestionnaire de portefeuille institutionnel, et Darren Zeng, analyste quantitatif, de l’équipe de répartition mondiale de l’actif.
La conception d’une stratégie à date cible est déterminée en grande partie par la conviction fondamentale d’un gestionnaire de placements quant à savoir si un rajustement progressif devrait atteindre sa répartition la plus prudente à une date de retraite précisée (stratégie « jusqu’à la date cible » ou « jusqu’à ») ou s’il devrait continuer d’évoluer au-delà de la date cible (stratégie « au-delà de la date cible » ou « au-delà »). En règle générale, un rajustement progressif « jusqu’à » est établi de façon à réduire l’exposition aux placements de croissance aux dernières étapes du parcours d’accumulation d’un participant, ce qui réduit le risque d’une répartition statique à la date cible. Cette approche raccourcit l’horizon de placement effectif des participants. Un rajustement progressif « au-delà », en revanche, tend à avoir une plus grande exposition aux placements de croissance au cours des années précédant la retraite. Il adopte également un processus d’atténuation des risques plus graduel, qui continue de s’ajuster au-delà de la date cible.
Dans le présent document, nous présentons une évaluation complète des avantages et des compromis d’un rajustement progressif qui comporte une exposition plus importante aux placements axés sur la croissance autour de la date cible et qui continue de réduire le risque au-delà de cette date.
Faits saillants
- Notre analyse montre que dans 74 % des conjonctures macroéconomiques simulées, le patrimoine accumulé à la date cible (65 ans) était plus élevé avec un rajustement progressif « au-delà de la date cible » qu’avec un rajustement progressif « jusqu’à la date cible ».
- L’avantage de notre rajustement progressif « au-delà de la date cible » est asymétrique, car il ajoute plus de revenus à la retraite pendant les périodes normales et vigoureuses des marchés boursiers qu’il n’en retranche lorsque les marchés boursiers sont faibles. Dans les contextes difficiles où le rajustement progressif « jusqu’à la date cible » était légèrement meilleur, son avantage à la date de la retraite était modeste, tandis que dans un contexte de marché normal à favorable, l’avantage d’un rajustement progressif « au-delà de la date cible » était significatif.
- Ce que les participants font de leur épargne lorsqu’ils atteignent leur date cible n’a aucune incidence sur leur décision de choisir un rajustement progressif « au-delà de la date cible » ou « jusqu’à la date cible ».
- Des ajustements importants aux hypothèses utilisées dans la présente analyse qui modifient les taux de cotisation, l’âge de la retraite ou l’accumulation de patrimoine pourraient réduire l’avantage relatif que les rajustements progressifs « au-delà de la date cible » offrent pour remplacer avec succès le revenu tout au long de la retraite (mais il est peu probable qu’ils l’éliminent).
- Tout au long du cycle de vie, notre approche interagit avec les préférences, les besoins et la philosophie des participants et participantes d’une manière qui s’arrime mieux à leurs objectifs à long terme. À mesure qu’ils approchent de leur date cible, notre conception de placement adaptée à l’âge convient aux risques uniques et changeants auxquels sont confrontés les Canadiens et les Canadiennes.