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Risque planétaire ̶ intégrer les scénarios climatiques dans la macroéconomie et la répartition stratégique de l’actif

Le changement climatique et les efforts visant à réduire les émissions de carbone doivent être inclus dans les hypothèses à long terme des marchés financiers pour obtenir une vue d’ensemble des rendements. Cet article décrit les principaux aspects à considérer. 

Juillet 2021

Rédigé par Salman Ahmed, chef mondial de la macroéconomie et Anna Stupnytska, économiste, Macroéconomie mondiale

 

Les changements climatiques et les politiques destinées à les ralentir vont déterminer la trajectoire de la croissance économique au cours du présent siècle. Les décideurs sont placés devant le dilemme des coûts initiaux élevés à assumer pour atteindre rapidement les objectifs de carboneutralité et les dommages physiques à long terme à la croissance économique et à la cohésion sociale causés par la hausse des températures s’ils tardent trop à agir.

Les projections macroéconomiques sur lesquelles reposent les hypothèses à long terme à l’égard des marchés financiers (HMF) doivent intégrer à la fois les risques physiques des changements climatiques et les risques de transition liés à l’adoption de politiques climatiques. C’est la condition pour que les investisseurs puissent avoir un portrait plus complet des rendements attendus au XXIe siècle.

Dans ce rapport intitulé Risque planétaire : intégration des scénarios climatiques dans la macroéconomie et la répartition stratégique de l’actif, nous présentons les principaux éléments à considérer pour tenir compte des conséquences des changements climatiques dans les HMF qui sous-tendent notre processus de répartition stratégique de l’actif. Cela inclut une description des scénarios définis par le Réseau pour le verdissement du système financier (Network for Greening the Financial System ou NGFS), qui sont utilisés par les principaux décideurs comme la Banque centrale européenne et qui deviendront selon nous la norme du secteur. Nous évaluons également l’impact sur la croissance du PIB et le rendement des actifs d’un scénario d’augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans les prochaines décennies.

Prix du carbone et inflation

L’atténuation des changements climatiques n’est pas une mince affaire. Cela exige une étroite coordination des politiques entre des pays qui ont des taux d’émission, des incitatifs économiques et des objectifs politiques différents. Les sommets, comme la COP26 qui a eu lieu cette année, joueront un rôle déterminant à cet égard.

À notre avis, pour agir de manière efficace, il faudra fixer un prix sur les émissions de carbone, qui ont été une composante à la fois gratuite et essentielle de la croissance économique pendant plus de 150 ans. À mesure que les prix du carbone augmenteront, cela exercera des pressions à la hausse importantes sur l’inflation par rapport aux niveaux de référence. 

Mais surtout, pour que l’objectif net zéro 2050 puisse être atteint, le prix du carbone devra suivre une trajectoire particulièrement abrupte, soit d’environ 3 $ la tonne actuellement (en moyenne) à 150 à 200 $ la tonne d’ici le milieu de la présente décennie, 200 à 300 $ la tonne d’ici 2030 et autour de 700 à 800 $ la tonne d’ici 2050. 

Conclusion

La science des changements climatiques donne à réfléchir. Nous pensons que les projections macroéconomiques à long terme, et en conséquence les HMF consensuelles utilisées par le secteur du placement, minimisent tant l’ampleur que la dispersion géographique des effets des changements climatiques sur des variables économiques clés comme la croissance et l’inflation. 

Les simulations de crise de notre modèle HMF actuel selon un profil représentatif d’évolution des concentrations (RCP) de 8,5 (scénario du statu quo) montrent des impacts différenciés significatifs sur les prévisions de risque et de rendement à long terme pour différents horizons temporels et territoires. L’exercice montre l’importance d’intégrer les différents scénarios de changements climatiques à notre modèle HMF actuel et la nécessité de concevoir un scénario climatique de référence bien défini pour appuyer notre modèle de répartition stratégique de l’actif sensible au climat. 

Une fois que la politique mondiale sera pleinement déployée et que les risques de transition associés à la réduction des émissions se manifesteront, l’augmentation des prix du carbone à partir de niveaux très bas exercera des pressions à la hausse très fortes sur l’inflation dans les prochaines années, ce qui influencera la dynamique macroéconomique cyclique et la fixation des prix sur le marché et aura des conséquences pour les placements.

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