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Comment assurer sa biodiversité

Mieux vaut tard que jamais : le monde prend enfin conscience de la menace qui plane sur la biodiversité et le capital naturel. Les investisseurs ont un rôle essentiel à jouer dans le combat pour préserver les écosystèmes vitaux – et une occasion extraordinaire à saisir.

Faits saillants

  • On commence à comprendre que la protection de la biodiversité doit passer par l’adoption de changements fondamentaux dans nos vies au quotidien.
  • Les sociétés qui mettent l’accent sur les solutions axées sur la biodiversité offrent non seulement une couverture contre les risques liés à la perte de biodiversité, mais aussi une exposition à un large éventail de secteurs qui présentent un potentiel de croissance.
  • Les investisseurs peuvent aussi privilégier les sociétés exemplaires qui s’attaquent aux enjeux de la biodiversité grâce à la recherche et au développement ou à leurs activités.
  • L’intérêt pour le thème de la biodiversité augmente alors qu’il s'apprête à devenir la prochaine mégatendance.

 

Date de publication initiale : 1er août 2022

Par Velislava Dimitrova, gestionnaire de portefeuille, et Ben Traynor, rédacteur financier principal

 

Vous vous éveillez au bruit de la machinerie lourde en train de détruire votre jardin. Les opérateurs ne savent pas qu’ils empiètent sur votre résidence, et ne s’en soucient guère. Conscient que vous ne pouvez pas les arrêter, vous vous dirigez vers la cuisine pour préparer le petit déjeuner, en contournant les gobelets à café et les bouteilles d’eau qui jonchent le sol. À la réflexion, vous décidez de sauter le petit déjeuner. La plus récente vague de chaleur a eu raison de votre réfrigérateur, et le lait a suri. 

Ce scénario cauchemardesque s’apparente à ce que vivent les animaux alors que l’activité humaine continue d’exercer des pressions insupportables sur la nature. Étant donné les interactions complexes entre le capital naturel (l’eau, le sol, l’air, les forêts et les océans dont dépendent les êtres vivants) et la biodiversité (l’abondance et la variété d’espèces, de génomes et d’écosystèmes), ce que nous faisons aux autres créatures vivantes peut finir par nuire à notre propre environnement. 

Prenons la chasse à la baleine. La diminution du nombre de baleines entrave l’un des plus importants processus de captage du carbone de la nature. En effet, chaque grande baleine absorbe en moyenne environ 33 tonnes de dioxyde de carbone au cours de sa vie. À sa mort, elle coule au fond de l’océan, où les émissions sont séquestrées pendant des siècles. De plus, les excréments des baleines contribuent à fertiliser le phytoplancton, qui capte environ 40 % des émissions de dioxyde de carbone[1]. La diminution du nombre de baleines contribue donc au réchauffement de la planète. 

La biodiversité soutient le capital naturel, et le capital naturel soutient la biodiversité, offrant ainsi à l’humanité des « services écosystémiques » qui englobent tout, de la régulation du climat au cycle des éléments nutritifs, en passant par l’eau propre. Mais puisque la nature nous offre ces services gratuitement, les sociétés avaient par le passé peu d’intérêt économique à analyser si leurs activités puisaient dans le capital naturel davantage que ce que celui-ci pouvait fournir de manière durable. 

Il en a donc résulté une destruction de la nature dont l’ampleur est au moins aussi importante que les changements climatiques, une destruction qui exacerbe la menace sur le climat et vice versa, dans une boucle de rétroaction potentiellement catastrophique. Parmi les impacts, mentionnons la déforestation massive, la perte permanente d’espèces animales, une diminution des variétés de cultures attribuable à une pollinisation insuffisante, la dégradation de la fertilité des sols, et ainsi de suite. 

Les risques et les occasions liés à l’investissement dans la biodiversité sont de plus en plus clairs.

Partout, on commence à comprendre que la protection de la biodiversité doit passer par l’adoption de changements fondamentaux dans nos vies au quotidien. Les mesures gouvernementales, la modification des habitudes de consommation, les mécanismes de tarification et la nature elle-même exerceront une pression sur les modèles d’affaires existants. Nous nous attendons aussi à un risque de litiges accru à l’égard des entreprises qui ont réussi jusqu’ici à contourner ou à enfreindre les règles sans conséquences, notamment celles qui participent à une déforestation illégale, lorsque les gouvernements prendront des mesures plus rigoureuses pour préserver la biodiversité. 

Parallèlement à ces risques, l’ampleur des investissements requis constitue une occasion extraordinaire. Selon les estimations du Programme des Nations Unies pour l’environnement, le respect des engagements internationaux nécessitera des investissements cumulatifs de l’ordre de 8 000 milliards de dollars dans des solutions fondées sur la nature d’ici 2050[2]. À l’heure actuelle, ces investissements s’élèvent à 133 milliards de dollars par année. De plus, le capital privé représente à peine 14 % du total. Si on compare ce pourcentage au financement climatique, où les sources privées comptent pour plus de la moitié des investissements, on constate qu’il y a un écart considérable à combler.

L’écart entre le financement climatique et les solutions fondées sur la nature
Graphique à barres empilées illustrant l’écart entre le financement climatique et les solutions fondées sur la nature. L’axe vertical représente l’investissement annuel (2019) en milliards de dollars (US) et l’axe horizontal représente le financement climatique et les solutions fondées sur la nature. Les barres bleues correspondent aux fonds publics et les barres oranges, au capital privé. Le financement climatique représente 254,76 milliards de dollars US en fonds publics et 324,24 milliards de dollars US en capital privé. Les solutions fondées sur la nature représentent 114,38 milliards de dollars US en fonds publics et 18,62 milliards de dollars US en capital privé.
Source : State of Finance for Nature, UNEP, 2021

Dans quelles solutions pouvez-vous investir?

Les sociétés qui mettent l’accent sur les solutions axées sur la biodiversité offrent non seulement une couverture contre les risques liés à la perte de biodiversité, mais aussi une exposition à un large éventail de secteurs qui présentent un potentiel de croissance. 

Des méthodes agricoles plus efficaces, des innovations comme l’agriculture verticale dans les grandes villes et des solutions de rechange aux protéines animales sont autant de façons de combattre les effets négatifs de la modification de l’utilisation des sols. La pisciculture peut contribuer à réduire la surpêche, tout comme la nourriture pour poissons durable et l’utilisation réduite de produits chimiques pour traiter les poissons d’élevage contre les poux de mer. La construction d’immeubles plus écoénergétiques et l’adoption de moyens de transport fonctionnant à l’énergie renouvelable ne sont que deux façons d’atténuer les changements climatiques et, par conséquent, la perte de nature. La réduction des emballages, l’augmentation du recyclage des matières plastiques et l’utilisation de matières biodégradables peuvent contribuer à lutter contre la pollution, au même titre que la réduction des substances chimiques dans l’industrie et l’agriculture ou l’adoption de formules moins nocives.

Identification des sociétés exemplaires

Outre les fournisseurs de solutions, les investisseurs peuvent aussi privilégier les sociétés exemplaires qui s’attaquent aux enjeux de la biodiversité grâce à la recherche et au développement ou à leurs activités. 

Par exemple, Fidelity International a trouvé une société de produits chimiques agricoles qui produit des pesticides écologiques qui évitent la contamination des sols et des sources d’eau, et donc aident à protéger les pollinisateurs essentiels comme les abeilles, les papillons, les papillons nocturnes et divers autres insectes, ainsi que les prédateurs qui se nourrissent de ravageurs. La perte de tous les pollinisateurs à l’échelle mondiale se traduirait par une diminution estimée de la production agricole d’environ 217 milliards de dollars[3]. L’usage de pesticides doit devenir plus écologique, et les solutions en cours d’élaboration devraient permettre d’accroître les parts de marché tout en protégeant la biodiversité.

La prochaine mégatendance

L’intérêt pour le thème de la biodiversité augmente. Les législateurs français ont mis en place des règles pour obliger les institutions financières à communiquer les risques liés à la biodiversité et au climat auxquels elles sont exposées et leur impact à ce chapitre; de plus, à partir de 2023, ils exigeront également qu’elles divulguent le pourcentage de leurs investissements qui sont conformes à la taxonomie de l’Union européenne. Et plus tôt cette année, le Groupe de travail sur l’information financière relative aux changements climatiques a dévoilé le plus récent prototype de son cadre de gestion des risques liés à la nature.

La voie à suivre est claire : la valeur attribuée à la nature grimpera à mesure que le monde reconnaîtra que la biodiversité constitue un actif pour l’humanité, ce qui aura pour effet de renforcer la surveillance des portefeuilles – et des dommages causés au monde naturel par les sociétés émettrices. La bonne nouvelle, c’est que ce contexte offre également un éventail d’occasions de placement.

 

 

 

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[1] « Une solution naturelle aux changements climatiques », FMI, Finances et Développement, 2019.

[2] « Situation des financements pour la nature » (en anglais), PNUE, 2021.

[3] « Financing Nature: Closing the Global Biodiversity Financing Gap », Paulson Institute, 2020.

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