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Des cotes ESG trop simplistes

Pour les investisseurs qui tentent d’analyser un sujet aussi complexe que le développement durable, l’attribution d’une seule cote ESG aux sociétés ne suffit pas.

 

Date de publication initiale : 19 août 2022

Par Jenn-Hui Tan, chef mondial de la gérance et de l’investissement durable et Flora Wang, directrice principale de l’investissement responsable

 

La décision de retirer le titre de Tesla de l’indice S&P 500 ESG plus tôt cette année en a étonné plusieurs, d’autant plus que les produits de la société ont agi comme catalyseur de l’électrification du transport. Elle a pourtant été exclue en raison de ses antécédents moins reluisants en matière de droits des travailleurs, de l’écologisation de ses installations de production et des problèmes liés à sa chaîne d’approvisionnement en batteries. Ces facteurs ont eu pour effet d’affaiblir la cote ESG globale qui a sous-tendu la décision de l’indice.

Un des membres du conseil d’administration de Tesla, Hiromichi Mizuno, un pionnier de l’investissement ESG au Japon, a accusé le fournisseur de cotes d’accorder trop d’importance aux incidences négatives, et pas suffisamment aux positives. Ce n’est peut-être pas entièrement faux, mais il est également vrai qu’une seule cote ESG fondée sur les données ne peut pas – et ne devrait pas – tenter de tout englober.

Des cotes multiples

Chaque société devrait à tout le moins se voir attribuer deux cotes distinctes, une qui reflète son incidence positive, et une autre qui correspond aux répercussions des facteurs externes. Toute tentative de regroupement des deux valeurs dans une seule cote a pour effet de diluer la valeur d’information de la cote finale, étant donné que les facteurs positifs et négatifs finissent inévitablement par s’annuler mutuellement, laissant une cote qui ne représente adéquatement ni les uns ni les autres, et qui ne peut pas orienter adéquatement les décisions de répartition du capital.

Une solution possible serait de fonder la cote ESG sur l’incidence négative d’une société et à utiliser un autre système, notamment le cadre des objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU, pour évaluer ses activités commerciales positives, comme les produits qu’elle conçoit pour lutter contre les changements climatiques. La société Tesla, par exemple, obtient naturellement une cote ODD élevée puisqu’elle tire ses revenus de la vente de véhicules électriques et de l’écotechnologie, deux éléments essentiels des efforts visant la carboneutralité. Cela ne veut pas dire que sa cote ESG globale plus faible n’a pas d’importance, mais plutôt que prises ensemble, les deux cotes donnent une idée plus précise de l’endroit où son impact s’exerce, ce qui peut faciliter la décision de répartition du capital.

Si un investisseur souhaite affecter son capital aux solutions climatiques, il devrait d’abord prendre en considération la cote ODD. S’il n’a pas de préférence quant aux produits ou services offerts par une société, mais souhaite investir uniquement dans les entreprises qui exercent leurs activités de manière responsable d’un point de vue environnemental et social, il devrait privilégier la cote ESG. En pratique, les deux cotes sont utilisées ensemble, car les investisseurs visent certaines incidences au moyen de la cote ODD et maintiennent des normes ESG minimales en établissant un seuil pour la cote ESG.

Le poids des nombres

Diverses raisons techniques expliquent pourquoi les cotes ESG actuelles ne reflètent pas fidèlement le développement durable d’une société. D’abord, les fournisseurs combinent souvent différentes cotes E, S et G dans une cote générale, en attribuant à cette fin une pondération à chacun des piliers et en établissant une moyenne entre eux. Cette approche est optimale lorsqu’elle se rapproche des deux extrémités du spectre des facteurs ESG. Par exemple, une cote ESG très élevée indique habituellement qu’une société obtient de bons résultats dans l’ensemble des piliers, et inversement.

La cote ESG générale pourrait toutefois être trompeuse en ce qui concerne la plupart des sociétés qui se trouvent au centre. Ainsi, une société ayant de piètres pratiques environnementales pourrait tout de même être incluse dans un fonds ESG si son résultat sur le plan environnemental est suffisamment neutralisé par une performance supérieure à la moyenne à l’égard de ses objectifs sociaux et de gouvernance. Cela explique d’ailleurs pourquoi certaines sociétés liées au secteur des combustibles fossiles qui témoignent peu d’intérêt pour la transition énergétique obtiennent une cote ESG étonnamment élevée alors qu’une société comme Tesla recule dans le classement, et pourquoi les investisseurs doivent porter une attention particulière aux placements de leurs fonds ESG.

Il convient aussi de se demander si les sociétés sont évaluées sur une base relative ou absolue. La cote relative est, essentiellement, un classement souvent douteux à l’intérieur d’un « groupe de pairs » plutôt qu’une véritable évaluation du développement durable. Par conséquent, une société mal cotée du point de vue des facteurs ESG sur une base absolue est susceptible d’obtenir une cote élevée uniquement parce que ses pairs font moins bien qu’elle. En outre, les cotes relatives peuvent également changer, non pas en raison des mesures prises par la société, mais parce que la moyenne de ses pairs a changé, à la suite peut-être de nouveaux ajouts ou de reclassements.

Une telle approche peut être inutile au niveau du portefeuille. Par exemple, un portefeuille de sociétés d’extraction de charbon de premier ordre évalué au moyen de cotes relatives pourrait faire meilleure figure du point de vue des facteurs ESG qu’un portefeuille constitué d’une gamme moyenne de sociétés financières.

Les données par rapport à l’analyse

Même si les investisseurs utilisent deux cotes et les appliquent sur une base absolue, ils n’obtiennent peut-être pas tous les faits; c’est le cas notamment lorsque les cotes sont axées sur des données ou comportent des superpositions qualitatives fondées sur des formules. Pour dresser un tableau complet, il faut une analyse approfondie de la société.

Cela n’est pas toujours possible pour les analystes des facteurs ESG qui exécutent les modèles quantitatifs et appliquent les superpositions, car ils ne possèdent généralement pas les connaissances requises pour interpréter les données ESG dans le contexte des activités d’une société. Toutefois, c’est souvent possible pour les analystes chevronnés de la recherche fondamentale ascendante qui connaissent bien les méthodologies ESG, qui rencontrent les sociétés de façon régulière et qui peuvent, à l’occasion de ces rencontres, acquérir des connaissances de première main sur les pratiques et les plans ESG des sociétés.

Prenons, par exemple, la gestion des émissions. Supposons que l’intensité carbonique de l’entreprise pétrochimique Les Sous Avant Tout (SAT) a diminué sur un an, tandis que celle de sa rivale Aimons la Planète (AP) a augmenté. Le mode de notation actuel serait probablement plus favorable à SAT, mais cela pourrait ne pas tenir compte des faits sur le terrain.

Peut-être que, comme son nom le suggère, SAT ne se soucie pas de l’environnement et que son intensité carbonique globale a diminué uniquement parce que son usine la plus polluante a été fermée pendant une grande partie de l’année. Pendant ce temps, l’intensité carbonique de LP a augmenté temporairement parce que ses produits à fortes émissions de carbone ont représenté un pourcentage plus important de ses revenus l’an dernier. La société est pourtant en train de moderniser ses chaînes de production pour en améliorer l’efficacité énergétique et elle investit dans les technologies à émissions négatives, ce qui signifie que son empreinte carbone diminuera dans le futur. Sans ces renseignements additionnels, il serait impossible d’attribuer la cote appropriée aux deux sociétés.

À l’heure actuelle, les cotes ESG quantitatives sont conçues de telle manière qu’elles sont fréquemment mal comprises ou mal appliquées, et deux systèmes peuvent évaluer une société d’une façon diamétralement opposée. Cela représente des défis pour les investisseurs qui souhaitent évaluer le développement durable, élaborer des portefeuilles et mesurer des résultats. Nous nous attendons au fil du temps à une normalisation accrue des types de cote et à une utilisation plus complémentaire de ceux-ci, bien que les points de vue qualitatifs demeurent essentiels. Plus qu’une destination en soi, l’intégration des facteurs ESG au processus de placement est un parcours qui s’améliorera à mesure que le nombre de personnes qui l’empruntent augmentera.

 

 

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