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Sondage 2022 des analystes : Faites attention aux obstacles

Un an après l’arrivée des vaccins, les sociétés débutent en général l’année 2022 dans une meilleure situation financière et avec optimisme, révèle un sondage mené auprès de 156 analystes de Fidelity International sur les tendances à venir. Toutefois, les répercussions de la pandémie, les replis boursiers et un méli-mélo d’autres obstacles mettront leur résilience à l’épreuve au cours des prochains mois.

Initialement publié en février 2022

Parmi les points positifs, le sondage (mené en décembre 2021) indique que l’endettement continuera de diminuer, de même que la dette globale et les défaillances, à mesure que la reprise se poursuit. À long terme, nos analystes pensent que les sociétés chercheront à accroître leur résilience en investissant dans de nouvelles technologies et en raccourcissant les chaînes d’approvisionnement. 

Ces moyens de défense seront nécessaires pour faire face aux prochains défis, notamment l’augmentation des coûts de financement prévue par nos analystes alors que les banques centrales continuent de resserrer les conditions financières. Les sociétés doivent également composer avec un cycle du marché potentiellement plus court, une accentuation des pressions inflationnistes, les compromis nécessaires pour atteindre les cibles de carboneutralité et les risques liés aux perspectives géopolitiques plus volatiles. 

La vaccination rehausse la confiance des dirigeants  

Maintenant que les campagnes de vaccination battent leur plein, de nombreux gestionnaires entrevoient la fin de l’incertitude liée à la pandémie en 2022, affirment les analystes de Fidelity. Dans l’ensemble, 54 % des répondants au sondage ont déclaré que les dirigeants d’entreprise se sentaient modérément ou beaucoup plus en confiance d’investir au cours des 12 prochains mois, alors que seulement 9 % ont indiqué que le niveau de confiance avait baissé. Ces résultats sont moins élevés que ceux du sondage de l’année dernière lorsque l’optimisme lié au vaccin était au plus haut, mais ils cadrent avec un rétablissement continu post-pandémie à moyen terme, malgré certains risques qui menacent la croissance et la confiance à court terme.

L’Amérique du Nord, où 63 % des analystes ont constaté une amélioration de la confiance, affiche le niveau d’optimisme le plus élevé, suivie de près par l’Asie-Pacifique (excluant la Chine et le Japon) à 62 %, et l’Europe à 61 %. Selon un analyste du marché nord-américain : « La plus grande visibilité de la campagne de vaccination contre la COVID-19 et la fermeté généralisée des prix des marchandises devraient renforcer la confiance à l’égard des investissements dans la prochaine année par rapport aux 12 derniers mois. »

C’est dans les secteurs des produits industriels, de la technologie, des services financiers et de la consommation discrétionnaire que le niveau de confiance des équipes de direction pour investir dans leurs entreprises est le plus élevé. Pour citer un analyste des titres à revenu fixe du secteur de la consommation discrétionnaire européen : « Après les confinements causés par la pandémie en 2021 et l’incertitude continue entourant les variants, les dirigeants seront beaucoup plus à l’aise d’investir en 2022, et encore plus au deuxième semestre de 2022. »

Tableau 1 – Les équipes de direction se sentent plus en confiance d’investir dans leurs entreprises

Graphique à barres empilées montrant dans quelle mesure les équipes de direction se sentent en confiance d’investir dans leurs entreprises en 2022. L’axe vertical représente les secteurs, en commençant par le total, suivi des produits industriels, des technologies de l’information, des services financiers, de la consommation discrétionnaire, de l’énergie, des matériaux de base, des soins de santé, des services publics, de la consommation de base et des télécommunications. L’axe horizontal représente la proportion des analystes qui ont répondu au sondage des analystes de 2022 de Fidelity international en pourcentage, de 0 % à 80 %. Les barres bleues correspondent à la réponse « modérément plus en confiance » et les barres empilées orangées, à la réponse « beaucoup plus en confiance ».

Le changement de politique pourrait faire augmenter les coûts de financement

Toutefois, à mesure que la gravité de la pandémie s’estompe, les mesures destinées à soutenir l’économie risquent aussi de diminuer. Quelque 67 % des analystes s’attendent à ce que les pressions sur les prix augmentent davantage en 2022 qu’en 2021 d’une façon générale, et les banques centrales seront forcées d’intervenir face à l’accélération de l’inflation.

Pour les sociétés, ce changement de politique pourrait faire augmenter les coûts du service de la dette et, en conséquence, les analystes sont plus nombreux à anticiper une hausse des coûts de financement qu’une baisse. Cela signifie que bien que la majorité des analystes s’attendent à ce que les coûts de financement restent à peu près inchangés, leur taux de réponse net pondéré indique une augmentation des coûts de financement prévus pour la première fois depuis 2019.

C’est particulièrement vrai dans le secteur des télécommunications où 60 % des analystes s’attendent à ce que les coûts de financement augmentent. Les analystes du secteur de la consommation discrétionnaire sont ceux dont les attentes ont le plus changé (selon le taux de réponse net pondéré); alors qu’ils anticipaient une baisse l’an dernier, ils s’attendent plutôt à une augmentation cette année. Selon un analyste spécialisé dans le segment du commerce de détail discrétionnaire nord-américain : « Les sociétés ont pu se financer à très bon prix en 2021, mais maintenant que la Fed envisage de relever les taux, le financement deviendra plus cher en général en 2022. »

Tableau 2 – Les coûts de financement sont appelés à augmenter pour de nombreuses entreprises

« Selon vous, les coûts de financement des sociétés que vous suivez sont-ils appelés à changer et, le cas échéant, dans quelle mesure changeront-ils au cours de la prochaine année par rapport aux 12 derniers mois, en fonction de la qualité du crédit? » Remarque : Aucune réponse « diminution significative » n’a été compilée. Source : Sondage des analystes de Fidelity International, 2022.

Heureusement, de nombreuses sociétés ont amélioré la résilience de leur bilan. Les taux de défaillance devraient diminuer, un analyste sur cinq anticipant une baisse des défaillances de façon générale cette année, contre 7 % qui anticipent une hausse. Le secteur de l’énergie, en particulier, semble beaucoup moins vulnérable. Il fait figure d’exception au chapitre des coûts de financement, puisque le tiers des analystes s’attendent à ce que les coûts diminuent encore cette année. 

L’un des analystes explique cette exception par un « désendettement rapide, alors que les sociétés mettent davantage l’accent sur les flux de trésorerie que sur la croissance. » De plus, la qualité du crédit des sociétés énergétiques devrait s’améliorer cette année par rapport à l’année dernière, en particulier dans le sous-secteur des petites et moyennes sociétés d’exploration et de production. À long terme, par contre, ces sociétés font toujours face à des défis, notamment le remaniement de leurs modèles d’affaires pour atteindre les cibles de carboneutralité et les fluctuations de prix alors que l’investissement dans les projets à long terme diminue.

Il convient également de mentionner que les coûts de financement, qui devraient augmenter d’une façon générale en 2022, étaient à des niveaux déprimés. Un analyste du secteur de la consommation de base nord-américain a écrit ceci : « Même si les taux des obligations du Trésor américain à 10 ans augmentent de plus de 100 p.d.b. par rapport au niveau actuel, le coût après impôt de la dette pour la plupart des grands émetteurs de titres de qualité est extrêmement faible. »

 

 

Le cycle du marché s’accélère

Les sociétés et les décideurs ont été forcés de réagir rapidement à la COVID-19 et aux perturbations de l’économie mondiale qui s’en sont suivies. On s’attend à ce que cette volatilité se répercute sur le cycle du marché et accélère la progression des sociétés des phases initiale et intermédiaire à la phase de maturité. 

Aussi, bien que la majorité des analystes indiquent que leurs sociétés sont actuellement en mode d’expansion, la proportion qui s’attendent à ce qu’elles ralentissent leurs activités passe de 8 à 17 % lorsqu’on leur demande à quelle phase du cycle elles devraient se situer dans 12 mois. De la même façon, 17 % des répondants indiquent que leurs sociétés se trouvent actuellement à la phase d’expansion initiale, contre seulement 7 % dans un an.

Tableau 3 – La plupart des sociétés seront en mode d’expansion dans la prochaine année, mais certaines font face à un ralentissement

Graphique à barres montrant le pourcentage de sociétés qui sont en phase d’expansion ou de ralentissement, dans l’ensemble. L’axe vertical représente le cycle du marché et l’axe horizontal représente la proportion d’analystes qui ont répondu au sondage en pourcentage, de 0 % à 35 %.

Les facteurs géopolitiques pourraient avoir un impact négatif

Le cycle politique s’accélère également. L’année sera marquée par des élections nationales en France et au Brésil et l’élection de mi-mandat aux États-Unis, et les relations entre l’Occident et la Russie et la Chine pourraient se détériorer.

Bien qu’il soit difficile de prédire les résultats directs, un peu plus du tiers des analystes dans le monde et plus de la moitié des analystes chinois s’attendent à ce que les facteurs géopolitiques aient des répercussions négatives sur leurs entreprises. 

Comme l’écrit un analyste du secteur technologique chinois : « En simplifiant, l’incertitude accrue incite les sociétés à retarder leurs projets et leurs investissements stratégiques. Certaines de mes sociétés ont commencé à réaffecter une plus grande part de leurs dépenses d’investissement à des projets à l’extérieur de la Chine élargie afin de diversifier leurs chaînes d’approvisionnement. »

Tableau 4 – Les conditions géopolitiques volatiles commencent à entamer l’optimisme en matière d’investissement

Graphique à barres montrant dans quelle mesure le contexte géopolitique influe sur les plans stratégiques des sociétés suivies par les analystes.

En Europe, certains analystes se sont montrés préoccupés par les répercussions d’une détérioration des relations avec la Russie, et un analyste du secteur de la consommation de base a indiqué que « les sociétés pourraient devenir plus réticentes à investir en Russie. » 

Entre-temps, selon un analyste du secteur des produits industriels, en raison du cycle électoral au Brésil : « Le coût du capital devient exorbitant et les sociétés ont beaucoup plus de difficulté à réunir des fonds et à investir. » 

Investir dans la résilience à long terme

Après avoir dû composer avec la perturbation des chaînes d’approvisionnement et des hausses de coûts, les sociétés renforcent leurs moyens de défense contre de futurs chocs. Les deux tiers des analystes s’attendent à ce que les sociétés cherchent à améliorer leur résilience en investissant dans de nouvelles technologies. 

Le renforcement du bilan – le plus haut taux de réponse pour les sociétés de l’EMOA/Amérique latine – et le raccourcissement des chaînes d’approvisionnement (que ce soit en les rapprochant des sources d’approvisionnement ou en maintenant des stocks plus élevés) sont les deux autres mesures les plus répandues, la dernière étant particulièrement importante pour les sociétés de consommation.

Tableau 5 – La technologie augmentera la résilience

L’amélioration des réserves de liquidités est représentée par les barres bleues, le perfectionnement des employés par les barres rouges, l’amélioration du bien-être des employés par les barres jaunes, le renforcement des bilans par les barres vertes, le raccourcissement des chaînes d’approvisionnement par les barres turquoise et les investissements dans de nouvelles technologies par les barres violettes.

Conclusion

Les sociétés qui ont surmonté jusqu’ici les perturbations occasionnées par la pandémie entreprendront l’année avec des bilans plus solides et des gestionnaires toujours optimistes, selon le sondage de cette année. Elles seront toutefois mises à l’épreuve compte tenu des pressions sur les coûts plus fortes que celles auxquelles elles étaient habituées, en raison des pénuries d’approvisionnement et de main-d’œuvre, et des risques macroéconomiques et géopolitiques qui pourraient causer de l’instabilité. Le retour aux affaires courantes, en supposant que cela ait déjà existé, devra attendre encore un peu.

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